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Par Pierre Haski | Rue89 |
(De Pékin) Un an de séjour dans un camp de « rééducation par le travail » pour avoir voulu manifester légalement pendant les Jeux olympiques de Pékin: Wu Dianyuan et Wang Xiuying font la cruelle expérience du cynisme des autorités chinoises, et de la passivité du Comité international olympique (CIO).
Le gouvernement chinois avait annoncé le 23 juillet, à deux semaines de l’ouverture des JO, une mesure exceptionnelle: la désignation de trois parcs de Pékin pour tenir des manifestations légales, à conditions d’en faire la demande cinq jours à l’avance. Un progrès considérable dans un pays où ce type de protestations est en principe impossible, salué comme tel par le CIO soulagé.
Las. Non seulement le quotidien officiel « China Daily » annonçait fièrement mardi que si 77 demandes avaient été déposées, il n’y avait eu aucune manifestation, mais le communiqué publié mercredi par l’organisation Human Rights in China (HRiC) donne la mesure de la farce sinistre qui s’est jouée: pour l’organisation basée à New York, « rien de plus qu’un show ».
Pétitionnaires en quête de justice
Wu Dianyuan et Wang Xiuying font partie de ceux qu’on appelle à Pékin des « pétitionnaires », c’est-à-dire des citoyens qui s’estiment victimes d’une injustice, mais auxquels l’absence de justice indépendante ne laisse d’autre choix que de tenter de se faire entendre des hauts dirigeants par des voies détournées. Une pratique ancienne qui faisait remonter à l’empereur les complaintes de ses sujets éloignés, généralement pour dénoncer des abus locaux.
Wu et Wang ont été expulsés de leurs logements à Pékin en 2001 - l’année de l’attribution des Jeux olympiques à la capitale chinoise. Depuis, ils tentent en vain d’obtenir réparation.
Entre le 5 et le 18 août, ils se sont rendus cinq fois au Bureau pour la sécurité de Pékin afin de demander le droit de manifester. La première fois, ils ont été détenus et interrogés pendant dix heures.
Puis, dimanche, ils ont reçu chacun notification de leur condamation à un an de « rééducation par le travail », une décision administrative, sans procès, sans avocat, sans appel. La notification était antidatée au 30 juillet, ce qui, légalment, les exclut de la possibilité de réclamer le droit de manifester…
« En conformité avec la tradition olympique »…
Cela n’a pas empêché mardi le « China Daily » de publier un article incroyable présentant comme un grand succès l’absence de manifestation malgré 77 demandes concernant pour la plupart, selon le quotidien, des questions sociales, médicales, ou de vie quotidienne.
Selon le porte-parole du Bureau pour la sécurité, 74 demandes ont été retirées « après accord à l’amiable entre les parties concernées et les autorités », deux autres ont été suspendues en raison de procédures incomplètes, et une a été refusée car elle impliquait la participation d’enfants, « ce qui est contraire à la loi chinoise ».
Si l’on en croit cette annonce, Wu et Wang entreraient dans la catégorie des « accords à l’amiable ».
Cynique ou abusé, un chercheur en droit de l’Université du peuple de Pékin, Mo Yuchuan, est cité par le journal, soulignant que ce droit à manifester « est en conformité avec la promesse de Pékin d’adhérer aux traditions olympiques ».
Deux journalistes du site Aujourd’hui la Chine, partenaire de Rue89, avaient tenté, là encore en vain, de déposer une demande de manifester en faveur des ours chinois brutalisés pour leur prendre la bile. Leur récit édifiant et drôle est à lire ici. La mésaventure de Wu et Wang est moins légère.
On attendra avec intérêt la réaction du Comité olympique international après l’annonce de HRiC, même si, à quelques jours de la fin des Jeux et dans la fièvre de la course aux dernières médailles d’or, il y a peu de chances pour qu’il fasse aujourd’hui ce qu’il a renoncé à faire depuis sept ans.
Un détours par http://www.bakchich.info/article4632.html ,pour voir les oeuvres de Wang Keping.
Portrait / mardi 5 août par Mathilde Fonvillars
Tandis que la Chine s’échine à hisser sa grandeur sur un pied respectable, et que l’œil du monde ne l’a jamais scrutée de plus près, « Bakchich » est allé rencontrer un de ses artistes dissidents, le sculpteur Wang Keping. Il participe depuis le mois de juin à l’exposition « China Gold » du Musée Maillol.
Étrangement, cet été les expositions sur la Chine fleurissent à Paris comme des boutons de litchis au Printemps. L’une d’entre-elles, « China Gold » s’est ouverte le 18 juin au musée Maillol. Elle offre une cartographie vivante d’un art chinois progressivement libéré du joug politique. Parmi la trentaine d’artistes rassemblés pour offrir un aperçu de la diversité de l’art contemporain chinois, un seul réside en France, Wang Keping. De même que parmi les photos, les tableaux aux couleurs criardes et les vidéos très avant-gardistes, seules ses sculptures de bois épurées se démarquent.
Exposition "China Gold"
Des mains, du bois, de l’humidité, et de l’humilité. Quatre mots pour décrire le personnage. Wang Keping est un artiste d’une simplicité désarmante, loin de ses confrères aux prétentions de conquête planétaire, exploitant la vague « Chine » et vendant toujours plus, toujours plus cher. Né en 1949, année de la conquête de « Beiping » (aujourd’hui Beijing, Pékin) par le Parti communiste, il est appelé « Keping » (ce qui signifie « conquérir Beiping ») et s’engage dans sa jeunesse comme garde rouge. Mais Wang qui s’étonne et se moque de la bêtise et de l’ignorance de ses supérieurs, se forge rapidement un esprit critique indépendant. De la ferme communiste aux tuyaux de plomberie, des planches de théâtre au plateau télé, à 30 ans, il en vient enfin à la sculpture.
C’est dans une Chine égarée après la disparition de Mao Zedong, qu’il engage véritablement son art dans une lutte politique, avec une vingtaine d’autres artistes militants chinois, il constitue le groupe des « Étoiles » (Xing Xing) en 1979. Plusieurs fois interdite, délocalisée, puis à nouveau ouverte, la première exposition du groupe est une date symbolique dans l’histoire de la liberté artistique en Chine. À l’époque, elle est couverte par la presse du monde entier.
Aujourd’hui, Wang Keping vit en France depuis 24 ans, même si, depuis dix ans, il est autorisé à rentrer dans son pays. La liberté des artistes est beaucoup plus grande qu’au temps du communisme mais il ne souhaite plus vivre en Chine car il ne s’y sent pas à sa place et s’oppose à la politique de ses dirigeants.« Je soutiens le dalaï lama par la pensée », dit-il.
Dans ce court espace temps de la rencontre, non loin de chez lui dans un quartier d’affaires du XIIIème arrondissement, l’artiste reste peu loquace. Il ne veut plus faire de politique. Pour lui, la Chine est à la mode, et l’art chinois un marché de plus pour les investisseurs du pays comme pour les étrangers, un vaste supermarché où des œuvres se vendent à 1 million d’euros. Il semble choqué. Un marché où les toiles d’artistes très réputés se fabriquent comme des peluches et des jouets en plastique, et sur lesquelles l’artiste en question ne pose que sa signature… « Les grands artistes sont très rares, aujourd’hui on ne donne plus que dans l’art conceptuel. On ne recherche plus le nouveau, on ne crée plus l’inédit, l’extraordinaire, mais on produit et reproduit l’ordinaire ». L’art, non plus une création mais une ré-création ? Un composant de plus dans l’univers de la consommation et du grand divertissement, une esthétique du superficiel.
Mother and child de Wang Keping
Peut être Wang est-il simplement d’une autre génération. Il n’est pourtant pas amer, mais presque indifférent, et ne parle déjà plus que de la peau du bois, de la forme des femmes et du toucher de la terre. Loin des lumières de Pékin.
Sur l’art contemporain chinois, lire aussi l’excellente critique de Jed Perl, « Mao Crazy » dans The New Republic.
revue de presse - jeux olympiques
La poste édite les timbres à l'honneur des jeux olympiques, ce qu'elle fait d'ailleurs pour toutes les grandes manifestations tant sportives que culturelles.
D'habitude, j'aime assez... mais cette année, mon courrier sera plutôt timbré
"les métiers du cirque" (planche assez sympatique) ...
http://timbres.laposte.fr/listearticles.jgi?idArbo=009&idGamme=036
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NOUVELOBS.COM | 01.08.2008 | 09:59
Le centre de presse des Jeux olympiques permet désormais d'accéder à des sites comme celui d'Amnesty International, mais continue d'en bloquer un grand nombre d'autres. Le président chinois Hu Jintao appelle à "ne pas politiser" les Jeux olympiques et demande à la presse étrangère une couverture médiatique "objective".
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LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.08.08 D
eux jours après avoir annoncé que les médias étrangers n'auraient finalement qu'un accès limité à Internet depuis le principal centre de presse des JO de Pékin, les autorités chinoises ont apparemment levé la censure, vendredi 1er août, sur plusieurs sites, dont ceux d'Amnesty International et de Reporters sans frontières. "C'est une bonne chose", s'est félicitée Giselle Davies, la porte-parole du Comité international olympique. Lequel précise avoir appelé le comité d'organisation des JO et les autorités chinoises à un tel assouplissement.
NOUVELOBS.COM | 31.07.2008 | 09:48
"Pékin ne joue pas le jeu des Jeux. Il censure internet, continue de museler l'opposition et bétonne tout. C'est déplorable", s'indigne Libération alors que Le Monde prédit d'ores et déjà que "ce recul est évidemment de nature à gâcher la fête qui s'annonce". Pékin a annoncé mercredi que les médias étrangers n'auraient accès qu'à une version restreinte d'internet pour travailler.

(Reuters)
> L'intégralité de la revue de presse française
La presse française condamne vivement, jeudi 31 juillet, la décision de la Chine de ne mettre à la disposition des journalistes étrangers accrédités pour les JO de Pékin qu'une version censurée de l'internet."La Chine n'a pas tenu ses promesses (...) Ceux qui avaient pris les promesses d'il y a sept ans pour argent comptant se sont trompés. Ce recul est évidemment de nature à gâcher la fête qui s'annonce", juge Le Monde.
"Pékin ne joue pas le jeu des Jeux. Il censure Internet, continue de museler l'opposition et bétonne tout. C'est déplorable", estime de son côté Didier Pourquery dans Libération. "Pékin prépare des Jeux comme jadis à l'Est on organisait les défilés du 1er mai. Rien ne dépassera", conclut-il.
"Une seule tête et un seul sourire"
La même image est reprise par Xavier Panon dans La Montagne: "Du milliard et demi de Chinois, le régime ne veut montrer qu'une seule tête et un seul sourire de fierté devant les mirifiques réalisations du Parti".
Dans La Presse de la Manche, Jean Levallois parle d'un "inadmissible accroc au contrat qui peut inquiéter sur les conditions du déroulement des Jeux".
"En bridant le web, les cyber-gardes rouges des JO made in China viennent ainsi de rajouter une discipline reine au programme officiel: le grand bond en arrière", ironise Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré.
Le CIO pas épargné
Les éditorialistes sont également très sévères pour le CIO.
"La seule réaction du CIO (...) a été de trouver cette censure 'décevante' (...) En contribuant activement au verrouillage chinois des Jeux, le CIO n'est jamais allé aussi loin dans le mépris des valeurs olympiques. Jusqu'à les rabaisser au niveau d'une mascarade indigne", regrette Dominique Garraud dans la Charente libre.
"Au fil des mois, le CIO s'est réfugié derrière sa Charte pour avaler des couleuvres longues comme la Grande muraille", dénonce aussi dans L'Est républicain Rémi Godeau, qui craint une "mascarade" de JO.
"Le tour de vis"
"Ceux qui avaient misé sur une inflexion de Pékin se sont mis un javelot dans l'oeil. Les Jeux olympiques, produit labellisé par le CIO, ont bel et bien été annexés par le régime chinois", note avec amertume Franck de Bondt dans Sud-Ouest.
"Droits de l'homme bafoués, prisonniers politiques, torture, peine de mort. On est loin de la Chine nouvel espace universel d'expression olympique", affirme Philippe Palat dans le Midi libre.
Hervé Cannet, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, note que "le régime renoue avec des habitudes qu'il n'a jamais perdu et pratique ce qu'il fait le mieux : le tour de vis".
Et l'internet n'est pas la seule victime de cette répression. "Ces derniers mois, la sécurité publique de Pékin nettoie la ville (...) Les contestataires sont priés de se taire", conclut La Voix du Nord sous la plume d'Olivier Berger.
LEMONDE.FR avec AFP | 30.07.08 | 07h17
Contrairement aux promesses faites, la Chine va bien censurer le Web, utilisé par les médias durant les Jeux olympiques de Pékin.
"Nous fournirons un accès à Internet suffisant pour les journalistes" au centre de presse, a déclaré, mercredi 30 juillet, le porte-parole du comité d'organisation, Sun Weide. Mais il a confirmé les dires d'un porte-parole du ministère des affaires étrangères, selon lequel les sites contenant des informations sur le mouvement spirituel Falungong, interdit en Chine, ne seraient pas accessibles, ainsi que d'autres, dont il n'a pas précisé les noms. 
"Notre promesse était que les journalistes pourraient se servir d'Internet pour leur travail pendant les Jeux olympiques. Et nous leur avons donné suffisamment d'accès pour cela", a plaidé M. Sun. Mais le comité d'organisation, sous la pression du Comité international olympique (CIO), avait promis un accès complet au Réseau pour les milliers de journalistes présents en Chine pendant les Jeux.
CENSURE "DÉCEVANTE"
Le président du Comité olympique australien, John Coates, a affirmé que le CIO prendrait "très au sérieux" cette censure, "assurément décevante" pour les médias. "Je vais parler aux autorités chinoises pour évoquer ces restrictions et voir quelle est leur réaction", a indiqué un haut responsable du CIO, Kervan Gosper.
A Pékin, les journalistes travaillant dans le principal centre réservé à la presse pendant les JO se sont déjà plaints de ne pas pouvoir accéder aux sites de l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, au site de la BBC et de la radio allemande Deutsche Welle, ou encore aux journaux de Hongkong, Apple Daily, et de Taïwan, Liberty Times.
Dans l'ensemble du pays, la Toile est étroitement contrôlée, et tous les sites jugés subversifs par le pouvoir communiste sont censurés.
NOUVELOBS.COM | 29.07.2008 | 08:47
L'ONG a rendu public un rapport dans lequel elle juge que la qualité de l'air dans la capitale chinoise est encore très en dessous des normes internationales de l'OMS.

Affiches publicitaires à Pékin (Reuters)
Selon l'organisation écologiste Greenpeace, le niveau de pollution à Pékin est encore bien supérieur aux normes internationales, malgré le plan de lutte pour l'amélioration de la qualité de l'air lancé par les autorités.
Un rapport de l'ONG, intitulé "La Chine après les JO: les leçons de Pékin", souligne ainsi que le niveau moyen des particules dans l'air, l'un des principaux moyens de mesurer la qualité de l'air, est encore deux fois plus élevé que la norme recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"L'air à Pékin souffre encore du boom économique et de l'augmentation rapide du nombre de gens possédant une voiture", estime l'ONG dans ce texte.
Selon Greenpeace, Pékin a mis trop de temps à développer un réseau conséquent et performant de transports en commun.
Cependant, l'ONG souligne que la ville a rempli nombre de ses engagements sur le plan environnemental, ce qui restera un acquis après les Jeux.
"Patrimoine environnemental"
"Ce qui est unique, au sujet de ces JO, c'est qu'ils laisseront un patrimoine environnemental à Pékin en termes d'infrastructures de transport, d'efficacité énergétique, et de développement d'énergies renouvelables, du traitement de l'eau et des déchets", affirme ainsi l'organisation.
Le rapport appelle par ailleurs le Comité international olympique (CIO) à imposer dans le futur des objectifs environnementaux.
NOUVELOBS.COM | 29.07.2008 | 09:30
"Les autorités ont utilisé les jeux Olympiques comme un prétexte pour poursuivre, voire intensifier les mesures et les pratiques existantes qui ont conduit à des violations très répandues des droits de l'Homme", juge l'ONG.

Militaires chinois au Tibet (Reuters)
La Chine utilise les JO comme prétexte pour renforcer sa répression contre les défenseurs des droits de l'Homme et vider la capitale des "indésirables", a déploré lundi 28 juillet Amnesty International dans un rapport présenté à Hong Kong, alors que les jeux Olympiques de Pékin s'ouvrent dans moins de deux semaines, le 8 août.
"Les autorités ont utilisé les jeux Olympiques comme un prétexte pour poursuivre, voire intensifier les mesures et les pratiques existantes qui ont conduit à des violations très répandues des droits de l'Homme", juge Amnesty.
Une répression renforcée
"A moins d'un changement radical de la part des autorités, l'héritage des jeux Olympiques ne sera pas positif pour les droits de l'Homme en Chine", a mis en garde Amnesty.
Amnesty appelle le Comité olympique international (CIO) et les dirigeants politiques à être plus exigeants envers Pékin, mettant en garde contre des mesures encore plus répressives après les jeux Olympiques.
Cinq mesuresAmnesty énumère cinq mesures pour améliorer la situation des droits de l'Homme dans le pays, déjà présentées dans une lettre ouverte adressée au président chinois Hu Jintao.
L'organisation appelle la Chine à "libérer l'ensemble des prisonniers d'opinion, empêcher la police de procéder à des détentions arbitraires de signataires de pétitions, rendre publiques la totalité des statistiques sur la peine de mort et mettre en oeuvre un moratoire sur les exécutions".
Amnesty souhaite également que Pékin offre aux médias "une liberté totale" et rende compte de "tous ceux qui ont été tués ou interpellés à la suite des manifestations de mars 2008 au Tibet".
Répression en amont des JO
Pendant la préparation des JO, Pékin a accentué l'usage de la détention administrative, en particulier sur les militants des droits de l'Homme et les mendiants, selon Amnesty.
En janvier, poursuit l'organisation, Pékin a lancé une campagne contre "les activités illégales qui ternissent l'image de la ville et troublent l'ordre social".
En mai, les autorités ont adopté une loi de "rééducation par le travail".
En juin, les autorités de Shanghai ont ordonné aux militants et aux signataires de pétitions de se rendre à la police chaque semaine et ne ne pas quitter la ville sans autorisation ou se rendre à Pekin durant les JO.
La persécution contre les journalistes s'est également intensifiée : Amnesty cite des statistiques du Club de la presse étrangère de Chine qui recensent 230 cas de journalistes dont le travail a été entravé par des interférences des autorités, contre 180 cas l'année dernière.
Pour Amnesty, "le danger est qu'après les jeux Olympiques, les violations des droits de l'Homme se poursuivent ou s'intensifient avec une attention encore moindre de la communauté internationale".
Plusieurs bâtiments administratifs et des voitures ont été incendiés dans le sud-ouest de la Chine en signe de protestation contre la conduite d'une enquête sur la mort d'une adolescente, ont indiqué, dimanche 29 juin, des habitants et l'agence Chine nouvelle.
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Des photos publiées sur internet ont montré plusieurs milliers de personnes rassemblées devant le commissariat de Wengan, aux vitres cassées. De la fumée s'échappait du bâtiment. Selon des villageois, la colère est montée après la mort de la jeune fille, samedi après-midi à l'hôpital. L'oncle de la défunte, qui s'était élevé contre les résultats de l'enquête ayant conclu au suicide, serait également décédé samedi après avoir été passé à tabac. La plupart des pages internet faisant référence aux émeutes sont inacessibles dimanche.
"Son oncle, qui a été tabassé par la police ou des voyous à la solde de la police, est mort samedi", a affirmé une habitante s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. "Comme l'oncle enseignait dans une école locale, des dizaines d'élèves sont allés demander des comptes à la police, c'est à ce moment là que certains d'entre eux ont été frappés. Après avoir été tabassés, ils ont incendié des locaux et des voitures de police", a-t-elle ajouté. "Environ 10 000 personnes ont convergé vers le lieu (du siège des autorités locales) et ont incendié le bâtiment des bureaux du parti du comté, et ont brûlé d'autres bureaux de l'administration du comté", raconte un autre témoin."Ils ont mis le feu à une vingtaine de véhicules, dont certains de la police".
La colère des habitants a éclaté parce que les autorités affirmaient que la jeune fille, âgée de 15 ans, s'était suicidée en se jetant dans une rivière, alors que selon la famille, elle a été violée et sans doute assassinée par le neveu d'un notable de la région, ont déclaré des habitants. Des forums sur l'internet ont affirmé que l'adolescente avait été violée et tuée il y a neuf jours et que la police avait tenté d'étouffer l'affaire pour protéger le principal suspect. Des responsables locaux étaient injoignables dimanche matin. Certains villageois ont indiqué que jusqu'à 200 membres des forces de sécurité étaient arrivés dans la nuit de samedi à dimanche à Wengan, où les lignes de téléphone ont été coupées.
L'agence officielle Chine Nouvelle ne donne pas de détails sur l'origine des troubles à Wengan, se bornant à qualifier de "criminels" les auteurs des violences à la suite du "mécontentement" à propos des investigations sur la mort de la jeune fille. La foule s'était dispersée dimanche et l'incident "n'a pas connu d'escalade", selon la même source.
| Originaire d'Extrême-Orient, le jeu de go (ou : igo en japonais) oppose deux adversaires qui placent à tour de rôle des pierres noires et blanches sur un tablier, appelé goban, tentant ainsi de contrôler le plan de jeu en y construisant des « territoires ». |
Chaque pierre représente un soldat ; les soldats encerclés deviennent des prisonniers.
Il s'agit du plus ancien jeu de stratégie combinatoire abstrait connu. Malgré son ancienneté, le jeu de go continue à jouir d'une grande popularité en Chine, en Corée et au Japon.
Dans le reste du monde, où sa découverte est récente, sa notoriété va également croissant. Son succès tient autant à la simplicité de ses règles qu'à sa grande richesse combinatoire et sa profondeur stratégique.
La très longue histoire du go s'est déroulée pour une grande part dans des mondes clos et séparés : en Chine d'abord, puis au Japon et enfin en Occident. C'est seulement depuis la fin du XXe siècle que le go commence à s'unifier sur le plan mondial.
Un jeu chinois
Selon une tradition chinoise, ce serait deux dragons appelés Hei-Zi (le noir) et Bai-Zi (le blanc) se disputant pour savoir lequel des deux était le plus puissant qui créèrent le wéiq (nom chinois du go) pour se départager.
Les dieux envoyèrent alors un troisième dragon observer la partie et lui ordonnèrent de ne revenir faire son rapport qu'une fois celle-ci terminée.
Leurs règles étaient les mêmes que les nôtres aujourd'hui, si ce n'est que la règle du ko n'existait pas puisque, étant immortels, ils étaient infiniment patients.
Les dragons jouent donc depuis des milliers d'années et chaque millénaire, les dieux envoient un nouvel observateur. Actuellement, cinq dragons observent le jeu et un sixième devrait être envoyé dans quelques années.
Sur le plan historique, bien que le wéiqí soit très ancien, les datations qui lui attribuent plus de 4 000 ans d'âge ne reposent que sur des récits légendaires que rien ne vient étayer mais que beaucoup ont pris pour argent comptant.
Seule certitude, le jeu fut inventé bien avant notre ère en Chine. Son attribution à l'un ou l'autre des empereurs légendaires Yao ou Shun, chacun l'ayant utilisé pour l'éducation de leur fils, n'a aucun fondement historique.
Pas plus d'ailleurs qu'une autre légende qui en attribue l'invention à un vassal, s'appelant U, qui l'aurait imaginé, quant à lui, pour distraire son suzerain sous le règne de Jie Gui au XVIIe siècle av. J.-C.
Certains chercheurs voient dans l'art divinatoire chinois du Yi Jing de nombreuses analogies avec le wéiqí qui pourrait en être le vecteur matériel
On trouve les premières références écrites à un jeu qui pourrait être le go dans les Annales des Printemps et des Automnes (entre 722 et 481 av. J.-C.). Plus tard, Confucius mentionne le go dans ses entretiens.
Le jeu connaît alors un très fort développement avec l'apparition d'un système de classement des joueurs, d'instituts de go et de fonctionnaires.
Les livres se multiplient : recueils de parties, écrits théoriques, listes de joueurs, etc. Les premiers traités de go sont écrits à la fin de la dynastie Han (début du IIIe siècle ap. J.-C.).
Le go est alors intégré aux « trois arts sacrés » (peinture, musique et calligraphie) pratiqués par l'empereur et ses courtisans ; cela durera jusqu'à la fin du XIXe siècle.
Dès la fin des Hans et jusqu'à la restauration de l'empire par les Sui en 589 ap. J.-C., les classes dirigeantes sombrent dans le désœuvrement et se tournent vers le taoïsme et le go.
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le go est objet de grand intérêt de la part des seigneurs qui se disputent le pouvoir.
En 1578, le daimyo Oda Nobunaga invite à Edo le moine Nikkai, un joueur réputé, pour l'affronter.
Impressionné par la force de Nikkai, il lui accorde le titre de Meijin (Maître) qui deviendra par la suite l'un des grades les plus prestigieux du monde du go.
Nikkai est nommé instructeur d'Oda Nobunaga. Quelques années plus tard, en 1582, celui-ci assiste à une partie dans laquelle apparait un triple ko.
Le soir même, l'un de ses compagnons d'arme se révolte, provoquant le seppuku d'Oda Nobunaga. Depuis, le triple ko est considéré comme un présage néfaste[11].
En 1590, Toyotomi Hideyoshi organisa le premier tournoi officiel pour désigner le plus fort joueur du pays. Honinbō Sansa (nouveau nom de Nikkai) remporta ce premier titre. Les autres joueurs sont classés en fonction de leur rang selon le système nouvellement créé des dan[12].
Avec l'unification du Japon par Ieyasu Tokugawa en 1603, le go, soutenu par les militaires et le shogunat Tokugawa, entre dans sa période classique et connaît un développement ininterrompu pendant plus de deux siècles et demi.
Grâce à la protection du shogun, le go acquiert un statut officiel et devient une institution gouvernementale. Le meilleur joueur du pays se voit promu au rang de godokoro, une sorte de « ministre du go » qui a la haute main sur toute l'administration du go professionnel.
Trois nouvelles grandes écoles voient le jour, Hayashi, Inoue et Yasui, qui disputeront la prééminence à la prestigieuse Honinbō. Elles s'affronteront pour se partager les prébendes et les postes de fonctionnaires richement dotés. Un tournoi annuel (o-shiro-go) réunira les deux meilleurs joueurs en présence de l'empereur et du shogun.
En 1868, la restauration Meiji mettra un terme à cet âge d'or. Avec l'entrée du Japon dans l'ère industrielle, le go perd ses repères féodaux traditionnels et ses mécènes et il sombre dans une crise durable et profonde. Plusieurs tentatives de réorganisation avortent rapidement.
En 1879 cependant est fondé Hōensha, la première organisation qui parvient à fédérer le monde du go. Après de nombreuses vicissitudes, il en émergera la Nihon Ki-in fondée le 20 mai 1924. Les premières décisions de ces organisations visent à démocratiser le go. Grâce à la couverture régulière dont il est l'objet dans certains journaux comme le Daily Yomiuri[13], le go devient très populaire.
C'est aussi alors que sont édictés les premiers règlements concernant les cadences de jeu : en 1922, le temps total dont dispose chaque joueur est réduit à 16 heures.
Il n'était en effet pas rare à l'époque qu'une partie durât une semaine ou plus ; certaines parties furent interrompues jusqu'à 20 fois[14]. Le roman de Kawabata, Le Maître, ou le Tournoi de go, mettant en scène une célèbre confrontation de Kitani Minoru, donne un exemple de ces parties interminables. La durée des parties sera encore réduite par la suite.
Le go continua son chemin malgré toutes les difficultés inhérentes à la Seconde Guerre mondiale. Une anecdote
Au printemps 1945, Iwamoto Kaoru devint challenger d'Hashimoto Utaro dans le prestigieux tournoi d'Honinbō. Jouer à Tōkyō étant impensable après les terribles bombardements de mars 1945, il fut décidé que le match se déroulerait durant l'été à Hiroshima.
La première partie eut lieu les 23 et 25 juillet 1945 malgré l'interdiction de jouer signifiée aux joueurs par le chef de la police locale qui craignait pour leur sécurité. Leur maison fut d'ailleurs mitraillée par l'aviation américaine durant la partie.
Furieux d'apprendre qu'on avait enfreint ses ordres, le policier leur interdit formellement de rejouer dans la ville. Les adversaires tombèrent d'accord pour disputer la seconde partie du 4 au 6 août à Itsukaichi dans la banlieue d'Hiroshima.
Au troisième jour du match, les joueurs faisaient une pause dans le jardin, lorsqu'ils aperçurent une explosion fulgurante suivie par la formation d'un gigantesque « champignon » et par un coup de vent violent qui brisa les fenêtres et renversa les meubles et la table de jeu.
Comme ils en étaient au yose (fin de partie après les combats), ils replacèrent la position et terminèrent la partie. Victoire d'Hashimoto avec cinq pierres d'avance.
Ce ne fut que plus tard dans la journée qu'en voyant arriver les rescapés de la première bombe atomique que les joueurs comprirent la tragédie à laquelle ils avaient miraculeusement échappé[16].
Le match se termina par un résultat nul (3-3) en novembre 1945, sous occupation américaine après la reddition du Japon.
Diffusion en Occident
La découverte du go en Europe fut extrêmement tardive. Ce n'est qu'au XVIIe siècle qu'apparaissent les premières mentions du jeu de go.
La première attestation écrite remonte à la traduction, publiée en 1615 à Augsbourg, du récit du séjour en Chine du jésuite Matteo Ricci.
Par la suite, les mentions du go se multiplient à travers l'Europe mais toujours assez brièvement dans des récits de voyage.
Il faut attendre 1710 pour que Gottfried Wilhelm von Leibniz rédige les premières considérations mathématiques sur le go[18].
Selon Franco Pratesi, les premières descriptions du jeu étaient cependant trop sommaires pour pouvoir y jouer correctement.
C'est seulement à la fin du XIXe siècle que le sinologue anglais Herbert Giles donne la première présentation utilisable des règles du jeu de go ainsi que des conseils au débutant (comme celui d'utiliser un goban de 11x11, etc).
À la même époque, l'Allemand Oskar Korschelt – qui a passé plusieurs années au Japon – publie plusieurs articles puis un livre Das japanisch-chinesisch Spiel 'Go' : ein Concurrent des Schach (1881) qui auront un impact décisif sur la découverte du go : le jeu connaîtra alors ses premiers développements, principalement en Allemagne (en particulier à Leipzig) et en Autriche-Hongrie (à Vienne et Graz).
Le premier club est créé en 1895 à Pola par des officiers de la marine austro-hongroise et la première revue, la Deutsche Go-Zeitung, naît à Vienne en 1909.
Par la suite, le go prend racine à Berlin avec quelques joueurs célèbres (Max Lange, un homonyme du joueur d'échecs, Edward Lasker, Emanuel Lasker, etc). En août 1924, se déroule à Munich le « First German Tournament ».
Après la Seconde Guerre mondiale, le go se développe sous l'impulsion de la fédération japonaise (Nihon Ki-in). En Chine où il végétait depuis des siècles, le jeu de go, après avoir surmonté la crise de la Révolution culturelle, connaît un renouveau spectaculaire depuis les années 1980 et un développement sans précédent. Dans les années 1990, c'est au tour de la Corée d'entrer en scène avec de très forts joueurs, comme Lee Chang-ho considéré comme le meilleur joueur du monde. De fait, à la fin des années 1990, les trois meilleurs joueurs coréens se sont adjugés, à eux seuls, près de 50% des titres internationaux. Le Japon, qui régnait sans partage sur le monde du go pendant des siècles, voit sa suprématie bousculée et remise définitivement en question. Les trois pays de l'Asie de l'Est ont trouvé à travers le go une nouvelle occasion de vider leurs querelles historiques.
Dans le reste du monde, l'intérêt pour le go s'est constamment développé mais à un rythme moins soutenu, souvent au travers de la diaspora chinoise, coréenne ou japonaise.
Il faudra attendre 1978 pour voir un Européen obtenir un titre professionnel de go et 2000 pour qu'un Occidental obtienne un rang de neuvième dan.
En Europe, le plus fort joueur professionnel est actuellement le Chinois Fan Hui, arrivé en France en 2000. Aujourd'hui, on compte plus de quarante millions de joueurs dont un million d'Européens.
La parution du manga Hikaru no Go, à la fin des années 1990, a ravivé l'intérêt pour ce jeu, notamment chez les jeunes - wikipédia
Pour en savoir plus :
la qipao est un vêtement féminin chinois d’origine mandchoue, modernisé et mis à la mode à Shanghai au début du XXe siècle sous le nom de changshan qu’elle a gardé dans le sud de la Chine (cantonais : cheongsam).
Le terme qiren, "gens des bannières", désignait pendant la dynastie Qing les Mandchous. La qipao, de qi et pao, robe longue et ample, désignait le costume porté à l’origine exclusivement par les femmes mandchoues, de rigueur à la cour. Dans sa forme originelle il s’agissait d’un vêtement ne révélant rien des formes corporelles, convenant à toutes les silhouettes et tous les âges. C’est à Shanghai au début du XXe siècle qu ‘elle prit sa nouvelle forme près du corps. Se combinant facilement avec les manteaux, vestes et chandails de coupe occidentale, elle était en 1912 au début de la république le symbole de la Chinoise moderne.
Il s’agit d’une robe d’une seule pièce avec un col scindé (“col Mao”) qui descendait à l’origine jusqu'aux chevilles. Par la suite, les modèles de ville ont raccourci jusqu’en-dessous du mollet. A partir de la fin du XXe siècle sont apparus dans les collections de prêt-à porter pour les jeunes des modèles s’arrêtant au-dessus du genou. Les manches, longues au départ, ont très vite fait l’objet de diverses variations : courtes, absentes, ballon... Le col, par contre, n’a pas changé. Les modèles les plus courants offrent une large fente aux niveau des cuisses, qui permet une plus grande liberté de mouvement, en-dehors de son avantage esthétique. La robe est fermée en haut sur le devant, à l'aide de "boutons chinois", et en général de nos jours par une fermeture à glissière sur le côté.
Symbole du capitalisme, la qipao a été interdite en Chine sous Mao Zedong, où les bleus de travail et les vestes molletonées des classes paysannes et laborieuses étaient la tenue de rigueur. A Taïwan et Hong Kong, elle était devenue jusqu’à son retour récent dans les collections internationales l’apanage des femmes d’un certain âge ou des grandes occasions. Le matériau de choix pour une qipao est la soie, celle de Suzhou étant la plus réputée.
La qipao a été popularisée dans l'imaginaire occidental surtout par le cinéma shanghaien, où figuraient des actrices en vogues parées de ce vêtement mettant en valeur les courbes féminines. Plus récemment, le film In the Mood for Love a remis ce vêtement à la mode en Occident. -
http://www.chine-informations.com/guide/
Encres de Chine de Xiaolong Qiu








