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Colombie : Ingrid Betancourt libérée
L'otage franco-colombienne, les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés par l'armée colombienne, a annoncé Bogota mercredi soir. Quelques heures plus tard, Ingrid Betancourt a déclaré: "Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie".

Ingrid Betancourt
(c) Reuters"C'est une immense joie, une joie indescriptible. je n'arrive pas à y croire", a déclaré à l'AFP Lorenzo Delloye, le fils de l'otage franco-colombienne.
Infiltration des guérilleros
Selon le ministre colombien de la Défense, "les otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d'otages".
"Puis un hélicoptère, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a précisé M. Santos.
revue de presse : NOUVELOBS.COM | 14.06.2008 | 12:29
Selon le président colombien Alvaro Uribe, un membre des Farc a proposé de relâcher la Franco-colombienne Ingrid Betancourt et d'autres otages, en échange d'une garantie de non extradition.

Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires en Colombie (Farc) depuis 2002. /Image diffusée le 30 novembre
(c) ReutersUn membre des Farc a proposé de relâcher la Franco-colombienne Ingrid Betancourt et d'autres otages en échange d'une garantie de non extradition, annonce le président Alvaro Uribe, vendredi soir 13 juin.
Les services de renseignements (DAS) ont répondu que cette garantie de non extradition serait accordée pour peu que les otages soient libérés, a indiqué le président Uribe.
"Nous avons envoyé une note au guérilléro qui a proposé de libérer Ingrid Betancourt et d'autres victimes d'enlèvements. Le directeur de la DAS (services de renseignement colombiens) l'a envoyée avec mon autorisation, assurant qu'il n'y aurait pas d'extradition si cela se passait bien. Nous espérons que c'est vrai", a-t-il déclaré.
Deux hauts responsables des Farc ont été extradés vers les Etats-Unis sous la présidence d'Uribe et le mouvement exige que leur sort soit lié à tout échange de prisonniers.
Espoir ?
Pour l'instant, les tentatives de négociations avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont officiellement dans l'impasse. Mais l'espoir est né récemment d'un affaiblissement possible des rebelles avec la mort de trois de leur commandants et des désertions encouragées par les récompenses offertes par le gouvernement.
Ingrid Betancourt a été capturée par les Farc le 23 février 2002 alors qu'elle menait campagne pour l'élection présidentielle sous les couleurs écologistes. C'est l'otage qui est la plus souvent mentionnée. Les Farc détiennent aussi trois Américains, travaillant dans le domaine militaire pour les Etats-Unis, depuis 2003.
Ingrid Betancourt a été vue pour la dernière fois lors de la diffusion d'une vidéo tournée par les rebelles à la fin de l'an dernier. Elle y apparaissait très abattue et amaigrie.
Elle est malade et vit enchaînée après plusieurs tentatives d'évasion, ont indiqué des otages récemment libérés par les Farc.
Uribe propose un accord aux Farc
Les Farc, qui mènent l'insurrection d'Amérique latine la plus ancienne, ont dû se replier dans les montagnes et dans la jungle, après avoir perdu le contrôle de plusieurs zones face à l'armée colombienne qui a bénéficié d'une aide financière très importante de la part des Etats-Unis.
En outre, Alvaro Uribe a offert de l'argent, des réductions de peine et même la possibilité de partir à l'étranger, notamment en France, aux guérilleros qui se rendraient en sortant de la jungle avec les otages placés sous leur garde.
Après la mort en mars de leur chef historique Manuel Marulanda, les rebelles sont sous le commandement d'Alfonso Cano, un ancien étudiant activiste, considéré comme plus enclin que son prédécesseur à la négociation avec le gouvernement. (Avec Reuters)
Faut-il vraiment le croire, lorsque l'on voit la dernière photo d'Ingrid Bétancourt ???
revue de presse : NOUVELOBS.COM | 18.04.2008 | 16:35
La sénatrice colombienne de gauche, qui a joué un rôle de médiation auprès des Farc, reproche par ailleurs au gouvernement d'Uribe d'empêcher un échange humanitaire.

La sénatrice colombienne Piedad Cordoba (AP)
"Nous ne savons pas avec précision comment elle va"
Dimanche, le haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, avait assuré qu'Ingrid Betancourt était "atteinte de maladies chroniques", mais "pas confrontée au risque imminent de mort".
"Il y a beaucoup de spéculations et de rumeurs sur la santé de Mme Betancourt. Nous savons que son état physique est entamé mais nous ne savons pas avec précision comment elle va", avait pour sa part indiqué mercredi le commandant en chef de l'armée colombienne, le général Freddy Padilla.
Ces déclarations interviennent après l'échec de la mission humanitaire envoyée début avril par la France, à la suite d'informations alarmantes sur l'état de santé de l'otage franco-colombienne.
Piedad Cordoba, sénatrice d'opposition, a également reproché au gouvernement colombien du président conservateur Alvaro Uribe de faire obstacle à la libération d'otages, assurant que ce dernier "n'a aucun intérêt à trouver un accord humanitaire".
En lutte contre les autorités depuis 1964, les Farc réclament la libération de quelque 500 guérilleros en échange de celle d'un groupe de 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt.
"Il y a un courant très fort à l'intérieur du gouvernement (colombien) qui ne veut pas de cet accord", a-t-elle ajouté.
"Réhausser la crédibilité" des Farc
La sénatrice a estimé à l'inverse que les libérations "unilatérales" d'otages auxquelles ont récemment procédé les Farc "montrent clairement qu'il y a une volonté de dialogue".
Il faut "réhausser la crédibilité" des Farc pour réactiver le processus de paix, a-t-elle ajouté, enjoignant le président colombien Alvaro Uribe à "reprendre le dialogue". "De toute façon, la sortie (du conflit) est politique", a-t-elle estimé.
Piedad Cordoba a indiqué qu'elle rencontrerait mardi à Madrid la secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique latine Trinidad Jimenez, et peut-être le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.
LIBERATION.FR : mardi 8 avril 2008
Le Falcon de la mission française arrive à Bogotá, le 3 avril (Reuters).
"Nous n'agissons pas sous l'influence du chantage, ni sous l'impulsion de campagnes médiatiques", ajoute le communiqué de l'Agence bolivarienne de presse, proche de la guérilla colombienne.
La guérilla des Farc a jugé "irrecevable" la mission humanitaire envoyée par la France pour secourir l'otage Ingrid Betancourt en Colombie, dans un communiqué diffusé mardi par l'Agence bolivarienne de presse (ABP) proche de la guérilla).
Le secrétariat de l'état-major central des Farc affirme que la mission française n'est "pas le résultat d'une concertation, mais de la mauvaise foi (du président colombien Alvaro) Uribe envers le gouvernement français".
"Nous n'agissons pas sous l'influence du chantage, ni sous l'impulsion de campagnes médiatiques", ajoute le communiqué.
Les Farc, en lutte contre les autorités colombiennes, détiennent depuis plus de six ans Ingrid Betancourt, un des 39 otages dit "politiques" que la guérilla entend échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.
Plus d'informations dans quelques instants dans Libération
revue de presse : http://afp.google.com/article/ALeqM5gqcfv3iOhB-d6Gh7FEaKcdo0XF2Q
PARIS (AFP) — Une "marche blanche" pour la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est organisée dimanche à Paris et dans plusieurs villes de France, à l'appel de ses enfants qui espèrent que la mission d'urgence envoyée par Paris en Colombie pourra la "sauver de la mort".
Signe supplémentaire de l'importance de ce dossier pour la France, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade, se joindra à cette marche, où les participants sont appelés à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie.
Une incertitude totale régnait samedi quant au sort d'Ingrid Betancourt en Colombie, où la mission humanitaire française ronge son frein faute d'un signe de la guérilla des Farc.
A San José, capitale du département du Guaviare (sud-est) où l'otage franco-colombienne aurait été aperçue dans un état alarmant, on veut espérer l'arrivée d'un avion médicalisé immobilisé depuis trois jours à Bogota.
"Tant que les Farc n'auront pas répondu" cette mission paraît bloquée, concède à l'AFP Pedro Arenas, maire de cette localité de 65.000 habitants, placée sous haute surveillance militaire.
Seuls quelques avions de tourisme occupent le tarmac du petit aéroport de San José, près d'un hôpital spécialement approvisionné en personnel et médicaments.
"Nous sommes en contact permanent avec la tour de contrôle de Bogota, mais nous n'avons reçu aucun message sur une possible arrivée de cet avion", déclare Dagoberto Venegas, le responsable de l'aéroport.
Le gouverneur du Guaviare, Oscar Lopez, souligne que la guérilla marxiste "n'a donné aucun signal, ni même à Hugo Chavez", le président socialiste du Venezuela, qui avait obtenu dans cette même région la libération de six otages cette année.
Sans information des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), qui la retiennent depuis six ans, retrouver Ingrid Betancourt dans cette immense forêt tropicale, grande comme deux fois la Suisse, est impossible.
"Il y a un blocage car les Farc n'ont pas fourni de coordonnées", explique à l'AFP un responsable local, ayant requis l'anonymat.
L'évêque de la région, Guillermo Orozco, ne cache plus ses doutes. "Tout peut encore arriver, mais je suis sceptique. Je crois qu'il ne faut pas en espérer beaucoup", dit-il.
Le clergé, qui a aussi fait parvenir récemment un message aux Farc dans cette région, théâtre des affrontements entre guérilla et paramilitaires d'extrême droite autour des champs de coca, "n'a reçu aucune réponse".
Sollicité par le gouvernement français, M. Chavez a annoncé vendredi soir à la presse un "changement de tactique". "Ne plus parler et agir", a fixé comme devise le dirigeant vénézuélien, excluant "toute déclaration publique".
Mais le président colombien Alvaro Uribe a réaffirmé son opposition à la création d'une zone démilitarisée, synonyme selon lui "d'oxygène" pour les Farc, et condition préalable des rebelles pour acepter un échange entre 500 guérilleros emprisonnés et un groupe de 39 otages, dont Mme Betancourt.
Au lendemain d'une manifestation nationale de soutien aux otages des Farc, les Colombiens s'interrogent désormais sur les chances de survie de l'ancienne candidate présidentielle, âgée de 46 ans.
Selon le diagnostic d'un médecin, intercepté il y a une quinzaine de jours par l'armée après l'avoir auscultée pour la guérilla, elle souffrirait d'une forme grave de paludisme, d'une inflammation du foie et de dénutrition.
Elle souffre également d'une hépatite B, selon plusieurs témoignages indirects relayés par la famille et ses comités de soutien.
A Paris, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a annoncé que la mission humanitaire "allait rester sur place".
"Il fallait agir. Nous sommes sur place et nous sommes déterminés à continuer. Maintenant, nous attendons des nouvelles des Farc", a poursuivi M. Kouchner sur une chaîne de télévision publique.
De son côté, la soeur de l'otage Astrid Betancourt est pessimiste. "Telle que la mission humanitaire est présentée, dit-elle, il est peu probable, que la guérilla donne une réponse favorable."
Selon elle, les rebelles doivent comprendre que la libération d'Ingrid Betancourt "sera l'élément déclencheur d'un processus qui va apporter des contreparties positives aux Farc comme l'a dit le président Nicolas Sarkozy".
revue de presse : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=84318
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Revue de presse : http://tempsreel.nouvelobs.com/une_actu.html
Le Falcon 900 de la République française est stationné depuis vendredi soir près de Cayenne prêt à accueillir l'otage franco-colombienne même si l'Elysée indique n'avoir "pas d'informations sur un dénouement imminent ou non".

Ingrid Betancourt (Reuters)
Cette précaution fait suite à la proposition du président colombien Alvaro Uribe jeudi de libérer des guérilleros des FARC si la guérilla colombienne acceptait de relâcher Ingrid Bétancourt dont la santé serait des plus précaires.
Les guerilleros accueillis en France ?
Alvaro Uribe a, par ailleurs, déclaré que la France serait disposée à accueillir des guérilleros colombiens qui libéreraient des otages retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
"Le guérillero qui nous livrerait des otages n'irait pas en prison", a dit Alvaro Uribe lors d'une visite à San Jose del Guaviare, dans le sud-est de la Colombie.
"On m'a également demandé: est-il possible d'aller à l'étranger ? Et nous avons répondu: oui, il est possible d'aller à l'étranger (...) Nous en avons parlé avec le gouvernement français, qui serait disposé à accueillir une telle personne", a-t-il ajouté.
100 millions de dollars
Les mécanismes envisagés par Bogota pour faciliter la libération des otages s'accompagnent d'un fonds de 100 millions de dollars destiné à verser des récompenses à ceux qui libèrent des captifs.
Il est notamment prévu que les membres des Farc qui choisissent de déserter et de libérer des otages ne soient pas emprisonnés et reçoivent une protection en Colombie ou à l'étranger.
Les autorités colombiennes ont confirmé jeudi qu'Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans, était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition. (avec AP et Reuters)
| revue de presse :LEMONDE.FR avec AFP | 19.03.08 | 09h44 • |
| http://www.lemonde.fr/web/sequence/0,2-3208,1-0,0.html |
L'ex-sénateur colombien Luis Eladio Perez, récemment relâché par la guérilla des FARC, a présenté, mardi 18 mars, au président Nicolas Sarkozy un plan pour la libération d'Ingrid Betancourt. "Je suis persuadé que les FARC vont libérer Ingrid Betancourt très bientôt", a affirmé M. Perez, qui est le dernier à avoir vu l'otage le 4 février. Il n'a rien dévoilé de son plan, se bornant à expliquer que ses "propositions avaient été modifiées". "Je ne veux pas entraver les processus en marche", a-t-il dit, affirmant qu'il fallait observer "une totale discrétion".
L'Elysée et le Quai d'Orsay sont restés muets mais des sources proches du dossier ont assuré à l'AFP que d'intenses tractations étaient en cours. Selon ces sources, le plan de M. Perez comprendrait plusieurs étapes : une reconnaissance politique des FARC, la suppression de la guérilla de la liste européenne des organisations terroristes et une proposition d'asile permettant l'accueil de guérilleros libérés sur le territoire français.
"TRÈS OPTIMISTE"
Interrogé sur ce point, M. Perez a affirmé que ses propositions étaient "plus larges". "Je suis très optimiste car il y a une réelle volonté politique de la part des FARC, de la part du président Alvaro Uribe et du président vénézuélien Hugo Chavez" de libérer les otages, a-t-il assuré.
M. Perez a rappelé que M. Sarkozy n'avait pas exclu d'aider les FARC à obtenir un statut plus respectable si elles mettaient fin aux pratiques terroristes, dont la prise d'otages
Lorenzo Delloye: "Maman est en train de mourir"
Un des otages relâchés a affirmé qu'elle était "très, très malade" et que le traitement des Farc à son égard était "sans pitié". Nicolas Sarkozy a appelé les Farc à libérer Ingrid Betancourt et s'est dit prêt à aller la chercher lui-même. François Fillon estime, quant à lui, que la vie d'Ingrid Betancourt tient à "une question de semaines".

Mélanie et Lorenzo Delloye-Betancourt (Reuters)
D'après les dires de deux des otages libérés mercredi par les Farc, Ingrid Betancourt, 46 ans, détenue depuis six ans par la guérilla colombienne, est dans un état critique.
"Ingrid est en train de mourir"
Lorenzo, 19 ans, a demandé "à toute la communauté internationale, à tous ceux qui nous regardent d'agir pour le bien des otages, pour le bien de la liberté, pour la vie".
De son côté, l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, père de Mélanie et Lorenzo, Fabrice Delloye, a déclaré : "Ingrid est en train de mourir. Elle est atteinte depuis longtemps d'une hépatite et chaque crise est plus dangereuse que les autres".
Il a rappelé par la suite qu'Ingrid Betancourt avait été transportée en 2004 sur un brancard pendant plusieurs mois par les Farc en raison d'une crise aiguë de cette maladie qui s'attaque au foie et peut dégénérer en cancer.
En larmes
Fabrice Delloye a également lancé un appel, au nom de toutes les familles d'otages, "aux chefs d'Etat du monde entier à apporter leur soutien au président Alvaro Uribe pour qu'il accepte courageusement dans les plus brefs délais de discuter d'un accord humanitaire" avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
Soulignant le "geste de bonne volonté" des Farc qui ont libéré six otages sans contrepartie, il revenait au président colombien Alvaro Uribe d'accepter de discuter avec la guérilla.
Un appel relayé par l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez, libérée en janvier avec l'ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, qui a fondu en larmes, lançant un appel au président colombien :
"Président Uribe. Donnez-nous la main pour que mes compagnons retrouvent la vie".
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Revue de presse - COLOMBIE • http://www.courrierinternational.com/gabarits/html/default_online.asp | |||||||||
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| Le livre Mon évasion vers la liberté de John Frank Pinchao, le policier prisonnier des FARC qui s'était évadé en avril dernier, doit sortir la semaine prochaine en Colombie. Dans l'un des chapitres, publié en avant-première par El Tiempo, l'ancien otage raconte l'une des tentatives d'évasion d'Ingrid Betancourt. Extrait. | |||||||||
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Le lendemain, deux paires de bottes avaient disparu, celles d'Amaón [Florez Pantoja] et de [José Miguel] Arteaga [deux des officiers otages], qui ont alors demandé aux guérilleros où elles étaient passées. Ces derniers ont répondu qu'ils n'en savaient rien et, comme certains guérilleros avaient des bottes en mauvais état, on a pensé qu'ils les avaient prises pour aller pêcher. Le sergent Marulanda devait donner la radio à Ingrid. Il est allé jusqu'à la cabane, l'a appelée en vain et a déposé la radio à côté de son lit. A l'heure du petit déjeuner, nous avons sorti nos casseroles pour qu'on nous serve et, comme d'habitude, ils ont compté les casseroles pour s'assurer que tout le monde ait à manger. Il en manquait deux. Nous nous sommes tous demandé qui n'était pas là, jusqu'à ce que quelqu'un finisse par dire que c'étaient les "docteurs" [Ingrid Betancourt, candidate à l'élection présidentielle enlevée en 2002, et Luis Eladio Pérez, sénateur enlevé par les FARC en 2001]. Ils sont allés les chercher pour savoir s'ils voulaient prendre leur petit déjeuner, mais, surprise, il n'y avait personne dans la cabane. L'alerte a alors été donnée à tous les guérilleros. Amaón est allé vérifier quelles bottes il y avait dans la cabane d'Ingrid, et c'était bien sûr les siennes. Comme elle savait bien que les guérilleros comptaient les bottes, la super-Ingrid avait pris celles d'Arteaga et d'Amaón et les avait mises chez elle pour qu'ils ne se doutent de rien. [...] Nous avons demandé aux guérilleros qu'ils nous disent la vérité sur la disparition d'Ingrid (la rumeur disait alors qu'elle allait être libérée) : nous voulions savoir s'ils allaient la libérer sans nous le dire, dans ce cas cela expliquerait qu'ils l'aient fait partir de nuit pour que nous ne nous rendions compte de rien, mais ils disaient que non, qu'elle s'était enfuie. Par la suite, les gardes, qui jusque-là assuraient chacun un tour de deux heures, ont été doublés et leur tour est passé à six heures. Des équipes de dix hommes battaient les alentours, chacun devant ratisser cinq à six mètres et cinquante à soixante mètres aux abords des cours d'eau. Nous les entendions aussi appeler Ingrid, sans succès. Nous les voyions rentrer épuisés, après de longues battues à la recherche de ces deux otages en quête de liberté. Au bout de cinq jours, Castellanos a dit : "Bonjour, docteur ! Alors, la balade a été bonne ?" Comme c'était un farceur, nous n'y avons tout d'abord pas cru, puis nous nous sommes retournés et avons vu Luis et Ingrid qui venaient d'arriver, exténués et amaigris. On leur a donné à manger, mais ils n'en avaient pas envie : après cet échec, c'est tout juste s'ils ont touché à la nourriture. Deux guérilleros sont venus les attacher : c'était la première fois qu'on les attachait. D'abord Luis, puis Ingrid, mais elle se débattait. Là-dessus est arrivée "Gira", une guérillera qui était commandant en second de la compagnie qui s'occupait de nous et qui faisait aussi office d'infirmière. Ingrid lui a dit qu'elle ne les laisserait pas l'attacher, que c'était un outrage, et a demandé à Gira, parce qu'elle était une femme, de l'aider. Deux guérilleros s'y sont mis, "Efrén", le Noir, et un autre, très petit. Ingrid se débattait toujours, mais ils ont fini par réussir à l'enchaîner. Ingrid a dit à "Gira" que c'était une image gravée à jamais dans sa mémoire, qu'elle ne l'oublierait jamais, ce à quoi la guérillera a rétorqué : "Taisez-vous, vous n'avez aucune morale." (...) Plus tard, ils nous ont raconté succinctement ce qui s'était passé. La santé de Luis Eladio s'était dégradée pendant leur fuite, puis ils avaient terminé le peu de nourriture qu'ils avaient pu emporter. Ils se sont dit que, s'ils voyaient un pêcheur, ils lui demanderaient de l'aide. C'est alors qu'ils avaient vu une barque. Mais, en s'approchant, ils s'étaient rendu compte que c'étaient des guérilleros. Ceux-ci leur avaient dit : "Montez, fils de pute" et les avaient ramenés au camp. Ces quelques jours avaient causé chez Lucho et Ingrid un épuisement physique impressionnant ; ils sont revenus totalement usés, maigres, émaciés." | |||||||||
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| John Frank Pinchao |


